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Dysocial - Emilie Garçault, intervenante sociale indépendante

Emilie, qui est vous ?

 J'ai 39 ans et je suis maman de 2 garçons de 7 et 10 ans . Enfants atypiques, l'ainé est dyspraxique et dysgraphique et le plus jeune serait un enfant à " haut potentiel". 
Concernant mon parcours professionnel, je le considère comme atypique aussi. Titulaire d'une licence de Sociologie, j'ai travaillé en tant qu'assistante d'éducation. En collaboration avec les enseignants, j'ai accompagné des adolescents à la limite du décrochage scolaire. L'accompagnement personnalisé et individualisé a permis à ces élèves de poursuivre leur scolarité. En 2009, j'ai repris mes études et j'ai obtenu une licence professionnelle d'Intervention sociale dans la gestion de la protection sociale. J'ai intégré un CCAS où je gérais les logements d'accueils d'urgence entre autre. Depuis 2010, je suis mandataire judiciaire à la protection des majeurs au sein d'associations tutélaires dans le 79 puis aujourd'hui dans le 17. Titulaire du Certificat National de Compétences, j'assure la gestion des mesures de protection ( tutelle, curatelle, ... ) . Je travaille auprès de tout type de public: jeune, séniors, à domicile, en Ehpad, personnes atteintes d'handicap physiques ou psychiques,... . Ce métier me permet d'aborder toutes situations et problématiques sociales, économiques, sanitaires et juridiques. 

Depuis février 2022, j'ai crée mon auto-entreprise en tant qu'intervenante sociale spécialisée dans les troubles dys: Dysocial. J'interviens auprès de particuliers et de professionnels afin d'orienter, d'accompagner , d'instruire les dossiers permettant de faire valoir les droits de chacun. Mon accompagnement concerne aussi les parents d'enfants ayant des troubles dys: instruction de dossiers MDPH, orientation, conseils... 


Pourquoi avez-vous décidé de créer « Dysocial » ?
 Au quotidien, je constate le manque de moyens  des services sociaux. En tant que MJPM, nous gérons souvent des situations critiques mais qui auraient pu être évitées si un accompagnement social avait été fait en amont. Etre orienté vers un service social fait peur à certains. Le manque de temps et d'individualisation se fait ressentir. 
Parallèlement, en 2018, notre fils a été diagnostiqué dyspraxique. Mon expérience professionnelle  a permis d'enclencher la procédure auprès de la MDPH rapidement. Mais les démarches sont longues et complexes. C'est un véritable parcours du combattant. Il est difficile de savoir à quoi correspond cet handicap et aussi de parler d'handicap lorsqu'il s'agit de nos enfants. Je me suis donc formée aux troubles dys, aux aménagements possibles via l'ordinateur notamment.  Tous les parents d'un enfant dys se posent ces questions. C'est pourquoi, j'ai choisi de mettre mon expérience à profit afin d'aider les parents mais aussi les aidants. Avoir un accompagnement personnalisé permet aussi de gagner du temps et d'être rassuré afin que les enfants puissent s'épanouir comme leurs camarades. Les enfants ont des droits. Les troubles dys sont des handicaps invisibles mais ont un réel impact sur leur scolarité, leur développement et leur sociabilisation.  Accompagner les parents d'enfants ayant des troubles dys et accompagner les particuliers dans les démarches, c'est faire valoir les droits de chacun. Ce projet m'est donc apparu en conformité avec mes valeurs, mon parcours professionnel et ma vie personnelle. C'est ça le concept de Dysocial. 


Vous sentez-vous une maman atypique ? 
Je me sens tout d'abord être une maman comme une autre qui veut le bonheur de ses enfants. Toutefois, lorsque le diagnostic de votre enfant est fait, un autre univers , souvent méconnu, s'ouvre et il faut l'apprivoiser. C'est le tourbillon : diagnostics, bilans, dossiers MDPH, RDV ergo/ psychomotricien..., aménagements scolaires, vestimentaires ... .  
Nous nous adaptons pour le bien être de nos enfants, nous cherchons des solutions. Cela peut être fatiguant et incompréhensible pour d'autres parents non confrontés à cela. Cela nous permet de prendre en considération les particularités de chacun et d'apprendre , tout comme eux, au fil de leur parcours. C'est une richesse.  


Quels obstacles votre enfant rencontre-t-il au quotidien ? 
Au CP, mon fils a eu la chance d'avoir une enseignante qui nous a alerté très rapidement. Nous avons enchainé les bilans et le diagnostic est tombé très vite. Nous avons fait le choix d'aller vers des professionnels libéraux. Et nous en sommes ravis. Il a de la chance d'avoir des spécialistes à son écoute, qui collaborent avec l'équipe enseignante et qui nous ont guidés. Il a toujours le même réseau de copains depuis la maternelle, il peut compter sur eux s'il se retrouve avec un lacet défait par exemple ou un découpage plus complexe. Il a très bien compris son handicap et en parle facilement.  
L'année dernière, son année de ce2 fut plus difficile. Il débutait l'outil informatique en classe. Son enseignante, bien qu'elle voulait bien faire, n'a pas été dans la bientraitance avec lui. Elle attendait de lui qu'il prenne ses cours sur PC de suite. Malgré les préconisations des professionnels, nos multiples rdv, elle ne fournissait pas les cours adaptés. Elle écrivait elle- même , demandait aux autres élèves de copier : cela le mettait en difficulté pour la relecture. Elle souhaitait qu'une demande d'AESH soit faite. Mon fils l'a très mal vécu, refusait catégoriquement l'aesh et ne voulait plus de son outil informatique. Il voulait " être comme tout le monde" . Nous avons tenu bon, nous l'avons encouragé. Je me suis formée. Nous avons cherché et trouvé des astuces pour rendre l'utilisation de l'ordinateur plus simple. Aujourd'hui, il se sert que de son ordinateur en classe et a reçu les félicitations de l'équipe pédagogique lors de la dernière réunion. Cela lui a redonné confiance en lui.  
Il a certes plus de travail que d'autres enfants, puisqu'il faut maitriser l'utilisation de l'ordinateur, aller aux séances, trouver des astuces pour l'aider dans son quotidien mais il est volontaire. Cette volonté reste la force de ses enfants.  


Quels conseils voudriez-vous donner parents d’enfants Dys qui souhaitent aider leur enfant ? 
Ne pas se décourager à l'annonce des diagnostics. Il existe aujourd'hui des professionnels, des aménagements scolaires mais aussi des aménagements pour le quotidien.  Il est impératif de rester à l'écoute de son enfant et de bien lui expliquer son handicap afin qu'il l'accepte. Ne pas avoir peur de parler d'handicap. 
Il faut vous entourer, ne pas faire un dossier MDPH à la hâte mais bien peser tous les enjeux. Chaque enfant est unique, chaque diagnostic est unique. Le trouble a un impact différent d'un enfant à un autre.  
Surtout, n'oubliez pas qu'un enfant a des droits. Un enfant "dys" bien accompagné est un adulte de demain bien inséré  

Site internet : DYSOCIAL - Dysocial

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