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Charlotte Thouvenot- Psychologue

Pouvez-vous nous présenter votre profession ? et son histoire ?

Pour être Psychologue il est nécessaire de réaliser des études dans ce domaine afin d’obtenir le titre (protégé depuis 1985).

D’une manière générale le psychologue va s’intéresser à comment l’individu fonctionne dans ses émotions, dans ses pensées, dans ses comportements, dans ses relations aux autres, dans ses capacités... pour l’accompagner à se sentir mieux dans sa vie, en fonction de ce qu’est « se sentir mieux » pour le patient. C’est un métier où l’autre est mis au centre de l’intérêt du thérapeute, mais aussi du patient lui-même. Ainsi le patient pourra apprendre de lui, initier un processus de changement, voire consolider un fonctionnement existant qui lui est bénéfique dans sa vie quotidienne.

Le titre de psychologue est protégé de manière récente, par contre la psychologie n’est pas nouvelle. Elle est la petite sœur de la philosophie dans le sens où des philosophes ce sont interrogés très tôt sur les processus mentaux (Platon, Descartes ou encore Aristote concernant les relations entre corps et esprit).

Elle acquiert sa reconnaissance scientifique milieu XIXème siècle avec le début des expériences, pour comprendre comment fonctionne l’esprit. Le renforcement positif, la soumission librement consentie son par exemple des « lois de l’esprit » qui ont été mises en avant à cette époque pour comprendre le fonctionnement humain.

La psychologie étant une science humaine, elle va donc s’intéresser à l’humain de différentes manières et là où il se trouve, donc dans différents domaines. Le métier de psychologue à donc de multiples visages, dépendant :

  • du domaine d’intervention : psychologie du travail, psychologie social, psychologie du développement, psychologie de la santé, psychologie clinique…
  • des moyens que le psychologue met en œuvre dans la pratique de son exercice : questionnaires, tests psychométriques, obédience thérapeutique (analytique, thérapies brèves, thérapie cognitivo-comportementale…), outil d’accompagnement (hypnose, EMDR, sophrologie,…)

 

Quels sont les patients que vous recevez dans votre cabinet ? Où êtes vous implantez ?

En cabinet les patients rencontrés sont très divers, ce qui fait la richesse de ce métier. Ainsi je reçois de l’enfant au sénior, en passant par l’adolescent et l’adulte, avec ou sans difficultés neurologiques (troubles neuro-développementaux, accident vasculaire cérébral, maladie neurodégénérative…) ou maladie psychique (dépression, anxiété généralisée, stress post-traumatique,…).

Les patients vont généralement consulter parce que leur fonctionnement leur pose problème, ou parce qu’ils sont dans un moment de leur vie compliqué, ou parce qu’ils vont bien et qu’ils veulent continuer à aller bien (voire mieux). Mes bureaux se trouvent actuellement à Golbey et à Epinal.

 

Comment se passent les séances ?

Les séances peuvent se passer différemment en fonction du modèle psychothérapeutique de référence du psychologue. Pour ma part j’ai une orientation thérapies brèves.

La première séance est particulière car elle permet de faire connaissance, tant le psychologue avec son patient que le patient avec son psychologue. C’est un temps d’écoute, de questionnements, pour comprendre ce qui amène le patient à venir nous consulter. J’autorise toujours les patients à me poser des questions, je peux également leur proposer les outils thérapeutiques que je trouve pertinents à utiliser dans sa thérapie. Des objectifs à la thérapie peuvent être définis : ils permettent de déterminer concrètement à quel moment l’accompagnement psychologique pourra se terminer (quand j’aurai réussi à réguler mes émotions, quand j’aurai réussi à prendre la parole devant un auditoire, quand j’aurai passé mes épreuves du BAC…).

Entre les séances il peut être demandé au patient de faire des tâches dans l’objectif de découvrir une autre manière d’agir… et les séances intermédiaires pourront permettre d’échanger, de donner du sens à ce qui a été vécu entre les séances, ou encore de faire des liens avec des événements passés,… La dernière séance a toute son importance : elle permet de consolider ce que la personne à acquis ou consolider comme compétences pour être autonome dans sa vie, et donc ne plus avoir besoin du psychologue.

 

Avez-vous quelques conseils à donner aux parents qui n’arrivent plus à communiquer avec leur enfant qui se sent différent des autres ?

Se sentir différent peut être source de souffrance : l’entendre et la valider est déjà beaucoup. Même si nous sommes impuissants face à la situation (on ne peut pas changer la différence) cette présence et disponibilité qu’offre l’écoute n’est pas négligeable. Carl Rogers, célèbre psychologue qui a développé l’écoute active, le met bien en avant : « quand j’ai été écouté et entendu, je deviens capable de percevoir d’un œil nouveau mon monde intérieur et d’aller de l’avant. Il est étonnant de constater que des sentiments qui étaient parfaitement effrayants deviennent supportables dès que quelqu’un nous écoute. Il est stupéfiant de voir que des problèmes qui paraissent impossibles à résoudre deviennent solubles lorsque quelqu’un nous entend. » Donc dès que vous offrez cette présence, que vous écoutiez les paroles, les comportements ou les silences de votre enfant. Même si vous n’entrez pas en action, même si vous ne trouvez pas de solution, vous faites quelque chose pour votre enfant en l’écoutant (même si vous vous sentez inactif…).

Il y a également toute l’attitude non verbale qui va jouer sur cette qualité de présence, d’attention à son enfant, de transmission des bonnes intentions derrière chaque comportement du parent qui peut ne pas être détecté par l’enfant.

Dans toute relation mieux vaut privilégier :

- la disponibilité : même s’il y a désaccord avec l’enfant se montrer disponible s’il commet des erreurs malgré ce qu’on a pu lui dire.

- la qualité : écouter des deux oreilles, ne pas être distrait par le téléphone, la télévision, les choses à faire du quotidien… mieux vaut quelques moments de qualité qu’une quantité de moments bâclés. Mieux vaut parfois revoir ses priorités, différer certains échanges pour favoriser cette qualité.

- la cohérence : les parents ont également le cadre éducatif à assurer et quand une règle/une limite est posée et qu’elle ne correspond pas à ce que souhaiterait l’enfant, alors il peut y avoir conflit. L’écoute de ce désaccord peut se faire tout en affirmant tranquillement que cette règle/limite tient toujours. Plus le parent sera serein et sûr du cadre qu’il propose à son enfant, plus l’enfant aura des repères fiables qui lui assureront une sécurité affective.

 

Quelle est votre plus grande réussite dans cette profession ?

Ma plus grande réussite dans cette profession est à chaque fois qu’un patient me remercie pour le chemin parcouru et me dis qu’à présent je lui suis inutile car il a gagné en compétences pour sa vie.

 

Qu’aimeriez-vous dire en conclusion ?

Une idée d’Epictète qui correspond bien à ce qu’est recherché lors d’un accompagnement psychologique et qui a également tout son intérêt dans toute situation difficile (handicap, difficulté relationnelle,…) : ce ne sont pas les choses qui font souffrir mais la manière dont on les perçoit.

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